Sur ces 50 hectares autrefois dédiés au maïs industriel, Elsa et Sébastien Blache ont mis en place une polyculture-élevage biologique fondée sur des pratiques vertueuses. Sébastien a ensuite co-créé l’association Réensauvager la Ferme, afin de documenter les effets de ces méthodes sur la biodiversité et sur la revitalisation du lieu, grâce à une agriculture « laissant de la place au Vivant ». La ferme est ainsi devenue un laboratoire à ciel ouvert, où l’on explore et où l’on apprend.
Le projet vise à faire évoluer les mentalités. Il encourage les paysans à redonner confiance aux dynamiques du vivant, considérées comme les principales alliées de leurs fermes. Il entend aussi démontrer que vies sauvages et cultivées sont étroitement liées et que, ensemble, elles produisent notre alimentation.

S'inspirer des travaux du castors
La ferme a rouvert un cours d’eau enfoui sous terre pour réhydrater la ferme, en imitant le travail des castors. Venue des États-Unis, cette technique donne des résultats remarquables contre la sécheresse et favorise la biodiversité. Quand les castors construisent leurs barrages, l’eau se disperse naturellement et reste plus longtemps sur la terre. Cela profite à de nombreuses plantes et crée des habitats tels que des étangs et des prairies.
Sur place, les gestes des castors ont été reproduits étape par étape : des branches posées parallèlement au courant, ou perpendiculairement lorsqu’elles sont peu nombreuses, du végétal ajouté régulièrement, et un mortier de terre. Après les violents orages du printemps, les ouvrages ont été réparés à la main, avec les ressources du site. Selon Maxime Zucca, c’est du low-tech « zéro pétrole », facile à entretenir comme à retirer.
L'association Réensauvager la ferme
Fondée dès 2022, l’association « Réensauvager la ferme » agit comme un laboratoire d’invention et d’expérimentation de pratiques et de dispositifs favorisant l’accueil du vivant sur la ferme du Grand Laval, à Montélier (Drôme). Son expertise repose sur une approche originale de l’hospitalité active envers la biodiversité sauvage : plutôt que de multiplier les espèces, elle vise à restaurer les dynamiques écologiques et les symbioses naturelles, gages d’une agriculture durable et régénérative.
