Les filets fantômes ravagent les fonds marins en Méditerranée.

Les « filets fantômes » sont des filets de pêche perdus ou abandonnés en mer, une fois au fond, ils continuent malheureusement de pêcher. Coraux, poissons, tortues, dauphins, crustacés… de nombreuses espèces sous-marines se retrouvent prises au piège.

Le problème est particulièrement préoccupant lorsqu’ils s’accrochent à des habitats fragiles comme le coralligène, véritable « forêt animale » sous-marine qui abrite une grande diversité d’espèces. Un filet peut s’y accrocher, arracher des organismes fixés au fond et continuer à piéger la faune au fil du temps. En 2024, NaturDive a ainsi prospecté 75 hectares de fonds marins et identifié 29 filets fantômes, dont 14 ont pu être retirés, représentant 1 625 mètres de filets et près de 2 840 m² d’habitats sensibles libérés. En 2025, l’association indique avoir retiré 40 filets supplémentaires, soit 1,8 kilomètre de filets et 3 170 m² d’habitats pouvant se régénérer.

NaturDive, sur le terrain pour retirer les filets fantômes.

Face à cette pollution difficilement visible depuis la surface, NaturDive intervient directement sous l’eau. Cette association méditerranéenne, composée notamment de biologistes marins et de plongeurs scientifiques, développe depuis plusieurs années le projet DéFi-Med, consacré à la dépollution des filets de pêche perdus en Méditerranée. Son travail commence par la prospection des fonds marins afin de localiser les filets, d’évaluer leur état et de mesurer leur impact sur les habitats et les espèces. Les plongeurs peuvent ensuite organiser leur retrait, une opération particulièrement technique qui nécessite de préserver au maximum les organismes accrochés au filet et de travailler en toute sécurité.

Mais NaturDive ne travaille pas seule. L’association a fait de la collaboration avec les pêcheurs artisans un élément central de sa démarche. Leur connaissance du terrain permet de localiser les zones à risque et leur participation facilite notamment le relevage des filets une fois ceux-ci décrochés par les plongeurs. En 2026, les opérations se poursuivent notamment dans les Alpes-Maritimes et le Var, avec l’ambition d’étendre encore les actions à d’autres territoires méditerranéens. En retirant ces engins de pêche, NaturDive ne se contente donc pas de nettoyer les fonds marins : elle contribue à restaurer des habitats fragiles et à redonner de l’espace à la biodiversité.

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